ESKANOUIL'
13Oct/114

MOCKBA

Arrivée à Moscou. 18 septembre. 22h44 précises.

Nous découvrons le vieux, vert, bleu et petit appartement de Yura et Anya. Ils l’ont récemment déserté, avec leur fils, car l’immeuble va bientôt être détruit et que les problèmes de canalisation d’eau (pour utiliser l’eau : ouvrir la valve du tuyau d’eau froide située dans les toilettes, puis la valve du tuyau d’eau chaude de la salle de bain, mais ne jamais toucher les valves des robinets cuisine et douche, bien refermer chaque valves lorsqu’on en a fini avec le liquide et surtout ne pas oublier de vider fréquemment le récipient posé sous la fuite d’eau…) leur causaient trop de soucis. Ils habitent donc tous les trois chez la mère de Yura, avec le petit frère de Yura, la sœur de Yura et le mari de celle-ci. Apparemment, vivre en famille dans un même appartement est un usage fréquent à Moscou.

Ainsi, nous dégustons nos verres de vin avec Yura, puis regardons les quelques films animés de Seb , sous l’œil professionnel de notre camarade animateur. Effectivement Yura est animateur, mais mieux encore, animateur russe : il vient de terminer son premier film personnel, réalisé avec des grains de café moulu. Pour cela il utilise une machine (« the machine »), fabriquée par ses soins, permettant de photographier son café animé sur plusieurs étages de vitre transparente. Avec ses doigts ou à l’aide d’une lame de cutter, il dessine dans le café, puis photo après photo, le met en mouvement : spectaculaire et symbolique.

Depuis peu, Yura et ses potes animateurs (russes, aussi !), ont remporté à la suite d’un concours audiovisuel l’accès à une salle pendant un an, située dans une friche réaménagée, où ils peuvent exercer librement et sans modération leurs talents cinématographiques. Ils répondent ainsi à quelques demandes « commerciales » et projettent leurs films personnels. De plus, Yura donne des « cours » d’animation à des enfants et ados de 6 à 18 ans, dans plusieurs écoles. Nous avons d’ailleurs participé à l’un de ses ateliers. (l'article le concernant, c'est ICI)

Nous passons donc neuf jours dans ce petit appartement où, animaux peints et découpés, jouets plus ou moins miniatures, et livres plus cyrilliques que moins décorent les lieux. Nous le partagerons d’ailleurs, dès le deuxième soir, avec Habib, un Iranien de 25 ans de passage sur Moscou ; puis, plus tard, avec Nicolas, un français un peu déjanté et plein de vie (il voyage avec uniques bagages un parapente, de vieilles sandales en plastique trouées, et un passeport démuni de visa russe valide), une ukrainienne hippie souriante et son jeune fils. Nous passerons de bons moments avec nos colocataires et l’entourage de Yura , à parler de tout, de rien, de la Russie, et à écouter les histoires envoutantes de nos amis « animatophiles ».

Nous prendrons aussi le temps de faire les « touristes » (= appareils photos numériques + sourires + bâtiments historiques) dans cette immense cité mythique, mais comme bien souvent à notre manière (à l’aveuglette, d’une rue à l’autre)… Nous n’éviterons donc pas l’inévitable « place Rouge », aux cotés du majestueux Kremlin, avec sa fameuse basilique « Basile-le-Bienheureux » aux airs d’énormes glaces italiennes colorées. Il n’y a pas à dire, ca vous en bouche un coin ! Et il aura fallu tous ces kilomètres pour que Seb daigne lancer un regard aux bâtiments historiques plutôt qu’aux vieilles Lada (tout aussi historiques…).

Ainsi, pour nous venger, nous nous délecterons des « hics » du paysage, comme ses innombrables touristes photographiant, photographiés, ses chantiers mal camouflés et ce gros poids lourd rouge traversant la place piétonne, gâchant ou gênant les futures photographies.

Notre fin mot de la ville est « grand » (prononcez : immense, infini, intemporel, mal de tête…). Tout y est exagéré, tailles des bâtiments, couleurs des peintures, cylindrés des 4x4 noirs, quantité de Mercedes, BMW et Audi onéreuses, nombre de lignes souterraines, fréquence des métros et distance entre chaque station, largeurs des boulevards routiers, hauteurs des talons chaussés et le large panel des femmes les chaussant, etc, etc… On s’y sent petit et peu puissant.

Une autre chose qui nous marquera : le kitch omnipresent, dans les magasins ou dans la rue, Marjo se fera d ailleurs une joie de collectionner emballages de chocolat, etiquettes de biere et autres babioles pour son carnet de bidouilles et sera decue de ne pas pouvoir empiler des tas de souvenirs dans son sac a dos !

Nous tomberons malheureusement tous les deux malades au bout de quelques jours (la température a chuté de 20° depuis Bucarest… et nous débarquons sans vêtements chauds !). Nous achèterons donc des médicaments, des manteaux, sous-pulls, écharpe, bonnet, de la viande rouge (enfin !) et des patates pour le gratin dauphinois régénérateur ! Ainsi, durant ces 9 jours Moscovites, nous nous reposerons, nous nous inicierons au russe et a l alphabet cyrillique (enfin, surtout Marjo!), nous baladerons (couverts de la tête aux pieds), discuterons et échangerons avec nos camarades de tous horizons, visiterons -un- musée et, enfin, achèterons nos billets de train pour le 27 septembre au soir,  pour la première étape en direction de la Sibérie : la ville de Kazan.

 

Commentaires (4) Trackbacks (0)
  1. Flavie a dit : « De vraies poupées russes de Russie en Russie ? « 

  2. une vraie petite poupée cette Flavie ! je sens que le camion va aller ce ballader par là – bas ,
    rien que pour voir de vraies  » mastroïkas  » ( désolé pour l’ orthographe ) de russie .

  3. Matriochkas !


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