ESKANOUIL'
26Fév/121

Hanoi – Ho Chi Minh

Le 26 janvier, nous montons du bord de route dans un bus en direction d’Hanoi : marre du mauvais temps avec les vélos, aller, c’est fini tout ça, on espère ensuite pouvoir trouver un bus longue distance pouvant nous amener jusqu’à Ho Chi Minh avec nos vélos. Drôle d’effet de se retrouver dans un bus après tous ces kilomètres parcourus en vélo, mais en voyant le mauvais temps par la fenêtre, on apprécie pas mal, en fait ! Patrick et Babeth ont été mis violemment dans la soute, on pense à eux à chaque secousse en espérant que rien de grave ne leur arrivera là-dessous !

Après quelques heures de bus, nous arrivons à Hanoi en fin de journée. Les passants à la gare routière sont bien sur là pour nous aider à remonter la roue avant de Patrick qui a été démontée avec un certain manque de délicatesse… Puis nous montons sur nos destriers, nous n’avons pas eu de réponse de couch surfing et avons donc repéré une guest house dans le centre, nous en sommes à une quinzaine de kilomètres. Nous parcourons donc la ville pour la première fois, de nuit, en s’arrêtant de temps en temps pour sortir l’ordinateur et regarder la seule carte de la capitale qu’on a.

 

 

 

 

 

 

 

Le centre d’Hanoi est plein de guest houses et touristes mais reste sympathique. Nous faisons la rencontre d’une dame polynésienne et de sa fille, qui flashent toutes les deux sur Patrick et nous conseillent ensuite leur guest house, moins chère et, on le constatera la nuit suivante, bien mieux.

On  sent la ville un peu morte, beaucoup de boutiques sont fermées, on ne trouve pas beaucoup de petits bouibouis pour manger loin de la foule touristique, et il n’y a pas tant de monde (on parle là des locaux)… Mais on comprend quelques jours plus tard que c’était du à la période du nouvel an, et on prend plaisir à voir la reprise du cours de la vie normale : retour des familles, ré ouverture des boutiques et  des bouibouis, musique dans les maisons donnant sur la rue, etc...

Nous faisons la rencontre insolite de monsieur Mai dans la rue, lorsque nous étions en train d’essayer d’expliquer à un voisin de l’auberge que non, merci, on ne voulait pas qu’il nous ressoude la pédale de Patrick ou quoi que ce soit, mais qu’on voulait juste en acheter une autre car celle-ci avait déjà cassé il y a deux jours (tout ça avec les mains puisque nous n’avions pas de langue en commun) ! Monsieur Mai a 85 ans et parle un français remarquable, sans même trop d’accent. On passera avec lui un moment agréable à parler de tout et de rien.

Nous profitons de nos derniers jours pluvieux pour se balader dans Hanoi, acheter une nouvelle pédale à Patrick qui, la pauvre, a définitivement lâché prise, et nous passerons également beaucoup de temps à la gare routière à négocier nos billets de bus pour Ho Chi Minh… Nous réussirons finalement notre mission, jusqu’à un certain point, puisque le jour du départ, on nous demande de repayer en nous certifiant qu’on a payé que pour Patrick, et pas pour Babeth (Nous étions venus chercher nos billets avec Patrick, et avons même du le mettre sur une balance pour pouvoir dire son poids exact à la compagnie…60 kg ! Le prix du vélo, lui, était « standard »)… On prendra nos courages à deux mains pour se battre pour ne pas avoir à payer encore plus, la somme étant déjà assez élevée (40heures de bus et billets-vélos d’occidentaux) !

Nos 40 heures dans le bus se passeront comme 40h dans un bus. Babeth et Patrick sont installés dans la soute, on n’a rien eu à démonter cette fois-ci. Cependant, la conduite un peu brusque du chauffeur et la route pas toujours en bon état les secouera encore plus que nous. Notre bonne surprise fut que les repas étaient pris en charge par la compagnie de bus, nous avons donc passé des moments sympas à partager avec tous nos voisins de bus des repas vietnamiens. Nos nuits furent mouvementées, bercées par la conduite de notre cher chauffeur, et animée par ses lancements de klaxons un peu trop stridents, et un peu trop nombreux !

Nous arrivons à Ho Chi Minh le 1er février tôt le matin, en sortant du bus nous comprenons vite que oui, nous avons retrouvé l’été, le soleil et surtout la chaleur !

Premier objectif : réparer la chaine de Patrick, qui a cassé juste avant de monter dans le bus. Un homme au coin d’une rue nous propose son aide et va nous chercher un maillon de chaine en scooter.

Deuxième objectif : rejoindre le centre, puis trouver un endroit où dormir. Nous tombons chez Madame Thu, dame d’une cinquantaine d’années qui nous voit passer dans la rue et nous accoste, adossée à un comptoir. Ca tombe bien, c’est son auberge qu’on a remarqué. Elle parle français, et est un peu bizarre, à la limite du désagréable, mais elle se rattrapera plus tard… Nous passons ici deux nuits, il n’y a pas beaucoup de place pour Patrick et Babeth dehors et elle nous fera comprendre que c’est un peu dérangeant… Mais elle le regrettera le lendemain lorsque, décidés, nous allons trouver une autre auberge. Elle nous offrira donc un délicieux petit déjeuner et nous aurons une très intéressante conversation avec elle avant notre départ pour l’auberge de la rue d’à côté.

Le troisième objectif sera de se munir de vêtements d’été, chaussures pour Marjo, et sous la chaleur et avec nos vêtements « chauds », ce sera toute une mission !

L’expérience Ho Chi Minh nous aura laissé un sentiment partagé.

D’un côté, nous avons évité la désagréable ambiance du centre ville touristique que nous avons pu ressentir, envahit par les bars et les magasins là pour tous ces « touristes » au sens propre du terme, certains respirant (sans trop le montrer non plus !) le tourisme sexuel et tout ce qui va avec, ou d’autres méprisant tout bonnement le commerçant qui ne parle pas anglais ou qui ne parle pas en dollars (mais du coup, la plupart des commerçants du coin sont dans la même optique, parlent donc au minimum un anglais sommaire et, surtout, demandent des dollars et non des dongs !).

Mais d’un autre côté, nous avons apprécié l’agréable ambiance des quartiers moins touristiques, dans lesquels nous atterrirons grâce à notre petite Babeth et de son porte bagage que nous avons équipé d’une petite selle à la mode locale : à deux sur notre jolie bicyclette, nous parcourons « Chomon », le quartier chinois, les quartiers de bord de fleuve etc. Là, nous aurons donc l’occasion de manger des bons « bo bun » (noodles froides, nems, cacahuètes, feuilles de menthe, carottes et concombres râpés…) au prix local et de rencontrer quelques habitants de la ville : quelques sourires, quelques gestes et quelques mots en viet-fran-glish échangés nous suffisent.

Au détour de ces quartiers nous en profiterons pour acheter une bombe d’huile pour faire une petite beauté à nos fidèles compagnons, et Seb passera un long temps avec son ami Patrick à le chérir de ses mains de presque-expert-en-tricycle-chinois.

Samedi 4 février, nous faisons un faux départ et quittons simplement le centre pour aller se trouver un hôtel plus loin, dans les quartiers vraiment démunis d’étrangers, où nous aurons le plaisir de voir ces maisons sur pilotis au bord du fleuve, et ces quartiers de pêcheurs dans la ville.

Nous devons enfait prendre du temps pour réparer Patrick qui le pauvre, tire vraiment la gueule… Ses pédales lui jouent des tours. Seb s’en occupera pendant que Marjo, fatiguée de ce surplus de ville, dormira pour repartir le lendemain avec plus d’énergie ! Un gars du coin poussera donc en scooter (avec l’aide de son pied) Seb, sur Patrick, démuni de pédales et avec la selle non fixée, à travers les rues du quartier pour tenter de l’aider à trouver des nouvelles billes pour les roulements du pédalier (puisque maintenant on a trouvé le problème !). Malheureusement, si tout ouvre très tôt le matin, tout ferme très tôt aussi, avec l’arrivée de la nuit vers 17h.

C’est donc le 5 au matin que nous disons réellement au revoir à Ho Chi Minh city, direction la mer et les deltas du Mékong !

 LES PHOTOS, PAR ICI!

Commentaires (1) Trackbacks (0)
  1. C’est comme un long rêve, merci pour les récits de cette folle aventure!!
    Ici, en Alsace nous sortons avec douceur et plaisir de l’hiver.
    J’espère que vous viendrez vous dépayser à Strasbourg chez Aurélien et moi à votre retour. hé hé !

    Bises à vous deux !


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