ESKANOUIL'
8Jan/122

Guangzhou et le nord de la region du Guangxi

Samedi 17 décembre, Guangzhou.

Après un rapide trajet avec le « TGV » chinois, dans lequel l’ambiance est très différente que dans les trains populaires précédents, nous débarquons dans la ville de Guangzhou, ou Canton pour les français. Nous avions repéré, sur internet, une guest-house aux prix abordables où nous nous dirigeons directement. Mais nous aurions eu du mal à la trouver sans l’aide d’un jeune chinois croisé dans la rue, car l’auberge est située au 7ème étage d’un immeuble résidentiel, sans aucune indication. Notre nouvel ami restera un moment dans l’appartement à discuter avec l’inconnue (pour nous, comme pour lui) qui nous accueille, comme deux vieux amis d’enfance…

Effectivement, nous avons constaté que les chinois, en général, ne se prennent pas la tête avec les rapports sociaux. Ils engagent facilement des conversations entre inconnus, s’entraident dans beaucoup de situations mais en contrepartie ne s’encombrent pas avec les politesses, ce qui peut parfois nous interpeller voire nous choquer, et souvent nous mener à la réflexion, en tant qu’ « occidentaux ».

Nous resterons donc quelques jours à Canton pour nous reposer de l’épisode « Hong-Kong », pour manger de bons plats pas chers (avec une préférence pour les restaurants musulmans qui servent des assiettes de noodles, copieuses, délicieuses et peu onéreuses !), et pour planifier, un peu, la suite des événements. Nous décidons donc de rejoindre la ville de Guilin, dans la région du Guangxi, réputée pour ses paysages magnifiques. Nous achetons aussi une nouvelle tente, toute aussi rouge que la précédente mais de moindre qualité, pour nous remettre au camping sauvage. Effectivement, la température s’améliore plus nous nous éloignons du Nord et parait il, le camping sauvage ne pose aucun problème en Chine.

Le moyen de transport le moins cher pour rejoindre Guilin est l’autocar-couchette, que nous avions déjà expérimenté pour rejoindre Pékin. Mais cette fois, le trajet fut beaucoup moins agréable : la route était catastrophique, la musique trop forte, les arrêts sans raison trop fréquents et, les soutes à bagages, trop sales…

Nous débarquons à la gare routière de Guilin vers 5h du matin, fatigués de n’avoir rien dormi, embêtés par les nombreux « rahello ! », leurs propositions de taxi et accommodations, et surpris, puis dégoutés (voir énervés) de découvrir que nos sacs sont trempés d’une espèce de liquide nauséabond et empestant à trois mètres à la ronde…

Nous trainons donc nos immondices juteuses pendant près d’une heure jusqu’à trouver l’auberge que nous avons contacté via couchsurfing… Heureusement, l’accueil fut des plus chaleureux : on nous offre les clefs de notre chambre gratuite et on nous invite à aller nous doucher et nous reposer toute la matinée, ce que nous ferons après avoir lavé et re-lavé nos affaires et le fond de nos sacs…

Le patron de la guest-house a beaucoup voyagé et voyage encore en utilisant le réseau couchsurfing, il a donc décidé d’offrir des lits aux couchsurfeurs quand il y a de la place. Nous n’avons pas eu la chance de le rencontrer, mais avons été accueillis pendant plusieurs jours par son équipe, gratuitement.

Après Guilin, nous prenons un bus pour Yangshuo, petite ville située à quelques dizaines de kilomètres plus loin, sur le bord de la rivière Li. Nous sommes accueillis, toujours via couchsurfing, par une école anglais/chinois qui nous offre une chambre au dernier étage des dortoirs étudiants. Nous sommes conviés à leur « fête de noël » (le 22 décembre, au soir), où, assis aux premiers rangs de l’assemblée, nous voyons défiler des spectacles amateurs de chants, danses, instruments, sketchs humoristiques, tai-chi et défilés de couples. Bien que très décalé de la « magie de noël », c’était intéressant de voir le déroulement de ce genre de fête, et nous avons été surpris et admiratifs de la capacité et l’envie des gens de se « donner en spectacle », malgré quelques « défauts professionnels »…

Mais l’accueil de l’école n’aura pas été à la hauteur de nos attentes… en « échange » du logement, nous devions prendre un moment pour discuter en anglais avec les étudiants chinois, ce que nous avons essayé de faire, mais sans succès… Le peu de rapport humain avec nos hôtes nous a aussi déçus.

Par contre la ville est très belle, entourée de ses innombrables collines et il y règne une ambiance de rue très plaisante. Nous nous baladerons dans la ville et dans la campagne extérieure pour y découvrir de somptueux paysages où l’Asie exotique commence à se faire sentir !

Nous retournons ensuite à Guilin, car l’équipe de la guest-house nous avait invité à fêter le 24 décembre durant une « Christmas party », avec buffet et tout le tralala ! Après avoir revêtu nos plus belles parures, nous rejoignons la fête : buffet et cocktails (un peu alcoolisés) sont au rendez vous et une trentaine de chinois coiffés de leur « bonnet noël » nous accueillent avec des regards interrogatifs et intrigués : « mais qui sont ces deux p’tits blancs (nous étions les seuls) qui s’empiffrent avec leurs baguettes chinoises ? ». Ouverture du buffet : 18h30, fin du buffet (fort copieux et délicieux) et début de la « party » : 19h30, fin de la soirée : 21h30.

« Cool, on va pouvoir danser un peu ! » Oui, mais chacun son tour. La boom de noël, ou « fête coca cola » à la chinoise, nous a beaucoup intrigué, voir un peu dérangé… Au programme : spectacles de danses seul ou à trois, chants, blagues et différents jeux de groupes tel que la fameuse « chaise musicale ». Tout le monde est assis en rond, portable à la main (pour les photos et les sms) et les artistes défilent au centre. Loin de nous moquer, nous avons surtout constaté une culture de la « fête » différente de celle dont nous avons l’habitude. Et nous nous serions surement beaucoup plus prêtés au jeu, si seulement ce n’avait pas été notre soirée de noël (déjà que des images fantasmatiques de bons vins, bons pains et mets français nous torturaient l’esprit !).

Le 25, comme cadeaux de Noël, nous nous sommes offert les gravures de  : caillou (pensant que c’était la signification de « roche »…) et 墨角 : marjolaine (la fleur), sur nos pierres respectives, trouvées à même le sol sur le continent Eurasien. Marjo a aussi eu une jolie fleur rouge et le soir même, nous nous sommes permis un restaurant à 100 元(soit 12 euros) : mal accueillis, bouffe dégueulasse et très peu copieuse pour le prix, qui nous aura valu une petite dispute avec le personnel en fran-glai-nois, sympa.

Nous avons ensuite passé du temps à Xingping, village entre Guilin et Yangshuo, toujours au bord de la rivière Li. Nous profiterons du mauvais temps pour faire un tour de vélo sous la pluie, marcher dans les rues humides et profiter du panorama brumeux du haut d’une des collines surplombant la ville. Nous ne ferons pas de « bambou boat », comme nous le proposeront plus d’une fois les insistantes rabatteuses de ce tour touristique en barque plastique motorisée sur la rivière. Mais nous prendrons le temps de nous reposer et de s’occuper du blog dans une auberge sympathique où nous ferons aussi la rencontre de Rémi et Sophie, deux français qui font un voyage se rapprochant du notre sur beaucoup de points. Nous ouvrirons ensemble notre bouteille de vin chinois (année 1994, issu des meilleures grappes du monde, au gout de jus de raisin) en discutant de leur projet de « jeu universel » (si vous voulez en savoir plus nous avons mis leur blog en lien), de nos expériences et ressentis durant nos voyages respectifs. Et cela fait toujours du bien de parler français !

Le 31, nous rejoignons Guilin en car. Après 3h de route, et un petit encas, nous embarquons dans le train direction Nanning pour 6h de trajet avec nos chers vendeurs de brosses à dents, serviettes micro-fibres et toupies lumineuses !

Les photos, par LA !

Commentaires (2) Trackbacks (0)
  1. alors Seb tu ne leur as pas fait une démonstration de kung -fu pour noël , je suis déçue !
    bon sinon j’ essayerais bien la micro fibre chinoise , rouge , évidemment , ça tient pas de place ds votre sac !


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