ESKANOUIL'
30Déc/110

De la muraille de Chine a Hong-Kong

25 novembre 2011, Huang Hua Cha.

Ce matin là, nous décidons de ne pas repasser par Pékin, comme on nous le conseille, mais de continuer notre route de village en village pour rejoindre une plus grande ville au sud-ouest et pouvoir prendre le train. Malheureusement, il n’y a apparemment pas de bus qui va plus loin que le village « muraille de chine », tous retournent en arrière pour ramener les touristes à la capitale. Loin de se décourager, sacs aux dos, on se poste à l’arrêt de bus pour tenter la bonne vieille technique de l’autostop… sans grand succès : seulement deux ou trois voitures s’arrêtent pour marchander le trajet en taxi. Malgré notre rembourrage vestimentaire (héritage de la Mongolie) et notre thé chaud, le froid et la nuit commencent à nous menacer. Par fierté, nous décidons  tout de même de ne pas dormir dans le même village, nous marchons donc un peu et rencontrons un couple de vieux épiciers adorables qui nous aideront à trouver une chambre où dormir. Le maître des lieux vient nous chercher sur sa  moto-tri-cyclette (ce style d’engin à trois roues étant très répandu dans la région, voire dans tout le pays !), dans la petite benne arrière de laquelle nous nous installons pour rejoindre  « l’hôtel ».

C’est ainsi que nous abandonnons l’idée de l’autostop et des « petits villages » du Nord de la Chine, le froid étant plus fort que notre courage. Nous rejoignons donc la ville la plus proche avec l’unique bus (il y en avait donc un), tôt le matin et arrivons à Yanqing. Cette « petite ville » de la municipalité de Pékin (d’après notre carte) et en fait très grande… et ce n’est que le début de notre stupéfaction face aux immenses tailles des villes chinoises !

C’est aussi le début d’un réel sentiment de différence par rapport aux chinois. En Mongolie, le tourisme a habitué le regard des mongols face aux blancs, dans les grandes villes de Chine aussi, mais dès que l’on s’éloigne un peu, beaucoup de regards, de doigts, de rires et de gloussements sont dirigés vers ces deux jeunes blancs paumés. Au début ce n’était pas très facile, et on a pu être un peu désagréable face à quelques appareils photos impolis, mais à l’heure où on écrit ces mots, on s’habitue et prenons souvent cela « à la rigolade ».

Nous avons ensuite rejoint Datong, et ainsi changé de région (région de Shanxi) pour ne découvrir qu’une ville encore plus immense que la précédente (mais qui n’est pas la capitale de la région…), puis avons pris le train pour faire une halte dans la ville de Pingyao (touristiquement connue pour sa vieille ville fortifiée et antique). Le trajet en train ne fut pas de tout repos.

En chine, il existe apparemment deux grandes sortes de trains : les lents et les rapides (grossièrement : TER et TGV, en France). Les lents sont moins chers (donc on les préfère !) et offrent trois classes différentes aux prix dégressifs : couché, assis, debout (que nous avons toutes essayées par curiosité). Pour vous mettre dans l’ambiance des guichets de gare chinois, en anglais, cela donne : sleeping, seating, standing (avec les gestes qui vont avec, bien sur).

Dans le train, l’ambiance est au rendez-vous. Les wagons étant la plupart du temps surchargés, il n’y a pas de places assises pour les tickets « debout » (qui se retrouvent entassés dans les couloirs ou devant les toilettes, avec leurs bagages et marchandises), et les tickets « assis » n’hésitent pas à faire déguerpir les intrus (nous avons du passer par là) ! Et cerise sur le gâteau, toutes les 10 minutes un employé du train passe avec son chargement de marchandises à vendre (noodles, saucisses, pattes de poulet sous vide, boissons, plats préparés, sièges en plastique pour les tickets « debout », jouets bruyants, etc…), dégageant toutes les personnes sur le passage et créant ainsi un remue ménage continu. Nous avons même eu droit au « vendeur de ceintures en cuir », tellement comique (apparemment) que tout le wagon était attentif et hilare à la moindre de ses paroles durant une bonne vingtaine de minutes.

Après s’être difficilement dégagés du train, nous arrivons à Pingyao tôt le matin (01h00). Nous marchandons le prix d’un taxi et d’une chambre (les deux en même temps) pour dormir en guest-house, dans la vieille ville. Le lendemain, nous découvrons une belle ville fortifiée et bien conservée, mais, comme il fallait s’y attendre, touristique. Nous ferons cependant la découverte d’un restaurant très accueillant avec les bols de noodles les moins chers (6 元 soit environ 0,8 €) et les meilleurs qu’on ait pu gouter jusqu’à présent. Nous y retournerons manger plusieurs fois, dont une avec Céline, une voyageuse française rencontrée grâce à couchsurfing, et avec qui ont passera une agréable après midi à discuter de tout et de rien, en français (parfois ça fait du bien).

Nous rejoignons ensuite Xi’an, capitale de la région de Shaanxi (à ne pas confondre avec « Shanxi », la précédente région), en train couchette cette fois. A partir de là, nous décidons de nous remettre à faire du couchsurfing car il n’est pas facile de rencontrer des gens en ville et ainsi de découvrir leur mode de vie, et puis nous sommes lassés de devoir systématiquement marchander nos nuits d’hôtel pour avoir le prix correct. Notre premier couchsurfeur chinois est Yin. Nous partagerons de bons moments avec lui, à cuisiner et à discuter, abordant toutes sortes de sujets intéressants comme : le vin, les trains, le système scolaire, l’hygiène, la loi « de l’enfant unique » et, le plus délicat (pour nous), l’ambition par rapport au travail…

   

A Xi’an, nous découvrons encore une ville immense, avec des rues et croisements immenses, des centres commerciaux immenses, mais aussi de beaux et antiques bâtiments, immenses, entremêlés avec le reste. Nous passerons du temps dans les rues du quartier musulman en découvrant ainsi un peuple chinois différent. Nous visiterons par hasard une belle mosquée au style chinois quelque peu « arabisé », déroutant.

Dans la région de Xi’an se trouve aussi un endroit très fameux : « l’armée des soldats enterrés », où près de huit mille statues d’argile sont enterrées depuis plus de 2000 ans aux alentours de la tombe de l’empereur Quin Shi Huangdi. Les statues d’environ 2 mètres de haut, avec des visages uniques pour chacune d’entre elles, représentent des soldats, des archers, des cavaliers, et autres fonctionnaires de guerre… Pour plus d’infos vous pouvez lire le WIKIPEDIA associé.

L’endroit est très touristique et l’entrée au musée est chère (110 yuan par personne, soit presque 13 euros), c’est la raison pour laquelle nous avons fait demi-tour et refait près d’une heure de bus pour rejoindre Xi’an, sans n’avoir vu le moindre sourcil d’argile (mais heureux).

Après avoir définitivement abandonné l’idée de faire nos nouveaux visas chinois en Corée du Sud, à cause de la température dégringolante, nous visons maintenant Hong Kong (au climat plus agréable). Pour cela, nous descendons tranquillement vers le Sud, de ville en ville, en empruntant le très développé réseau de voix ferrées chinois et en dormant chez nos hôtes couchsurfeurs ou dans des guest houses plus ou moins bon marché.

C’est ainsi que nous serons très chaleureusement accueillis chez Ywei et sa famille, à Zhengzhou, ville qui réussi à rassembler cinq Mc dos, six KFC et une multitude d’autres fast-foods chinois sur une même place… Nous visiterons, malgré le mauvais temps, la jolie ville de Suzhou située à quelques dizaines de kilomètres de Shangai (où ne mettrons pas les pieds) et passerons une agréable soirée chez Yi, à discuter, à décortiquer des Litchis locaux et à manger des espèces de pistaches radioactives (très bonnes pour la santé tant qu’on en mange pas plus de dix). Nous dormirons aussi quelques nuits à Hangzhou, belle et luxueuse ville, dont les prix exorbitants des restaurants nous forcerons à cuisiner nos propres soupes de noodles (plus ou moins réussies selon l’entrainement…). Nous craquerons aussi pour du chocolat aux noisettes et un Bleu, made in Carrefour !

Notre visa chinois arrivant à expiration, un dernier train couchettes nous transporte durant toute la nuit jusqu’à la ville de Shenzhen, frontière avec la plus riche des « régions spéciales de la république populaire de Chine » : Hong-Kong.

LES PHOTOS, C'EST ICI !

En illustration, les vieux jouent aux échecs chinois, ou Xingqi, dans la rue et presque sous la neige à Pingyao.

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