ESKANOUIL'
20Juil/127

8 jours entre l’Inde et le Nepal …

... ou McLeod Ganj - Katmandou : 1888 km en 56h et 55min de trains, bus, jeeps, taxi, charrette et rickshaws pour 1806 roupies/pers

 (Soit environ 26 euros)

JOUR 0 (mardi) : DERNIERE SOIREE A MCLEOD GANJ

Cela fait quelques jours que nous nous sommes séparés de notre Zaza. Nous errons sans réel but dans les rues du petit village spirituel et touristique à la recherche de momos pas chers et de chaïs sucrés. Grâce à une engueulade anglophone avec un patron de guesthouse nous faisons la rencontre amusante de Rémy et Ludo, deux français en mal d’aventures auto-stoppant dans les environs. Ce soir là, accompagnés de Rémy, nous buvons une bière et nous préparons psychologiquement au départ du lendemain. C’est décidé, on quitte l’Inde pour rejoindre le Népal par sa frontière la plus à l’Ouest. Notre bus pour Shimla, la ville à mi parcours entre nous et la frontière, est à 9h demain.

JOUR 1 (mercredi) : DE MCLEOD GANJ A SHIMLA

Après le gros tri de nos sacs, nous abandonnons quelques affaires dans notre chambre d’emprunt et transportons le carton rempli de notre futur colis vers une Poste moins onéreuse que celle du village. Quelques marches ascendantes et une rue en éveil plus loin nous embarquons dans la grosse jeep blanche menant à Dharamsala. Premier trajet d’une lourde liste.

McLeod Ganj - Dharamsala : 5 km en 15min de jeep pour 10 roupies/pers

Nous attendons que quatre ou cinq autres passagers « remplissent » le 4x4 avant de partir. Quelques virages plus loin nous embarquons une petite famille, puis un groupe d’hommes et enfin un couple. A cheval entre la portière et la cuisse de son voisin, le jeune conducteur conduit, freine et passe les vitesses avec son bras et sa jambe disponibles. A Dharamsala nous descendons en coup de vent et nous hâtons jusqu’à la gare routière (on a plus l’habitude de se lever à l’heure). Nous embarquons de justesse dans notre  bus, le ventre vide.

Dharamsala - Shimla (gare routière) : 315 km en 8h de bus pour 275 roupies/pers

Le bus entame la route de montagne, pressé. L’envie de vomir du vide arrive, s’en va, revient et s’atténue à la pause. Paquets de chips, friandises locales salées et grasses et petites bouteilles de coca-cola font le bonheur de nos estomacs fragiles. Nous repartons sans l’un des passagers resté un peu trop longtemps aux toilettes. Lorsque l’absent est remarqué, l’assemblée rigole bien et l’acolyte du chauffeur met les effets personnels du malheureux (veste et sac) de coté. Nous arrivons en fin d’après midi à la gare routière de Shimla. Nous réservons notre bus du lendemain pour Banbasa, la ville frontière, et rejoignons le centre ville en bus local.

Shimla (gare routière) - Shimla (centre) : 3 km en 15 min de bus, gratuitement

Après s’être installés à l’arrière du bus bondé, Marjo cède sa place assise à un vieil homme. Le grand-père, surpris et touché, nous offre son plus beau sourire, et le trajet. En descendant du bus c’est la cohue des rabatteurs d’hôtels, comme d’habitude. Et comme d’habitude, on s’enfuit. Malheureusement c’est la pleine saison touristique indienne et toutes les guesthouses d’apparence abordables sont complètes. Nous finissons par nous laisser diriger par l’un des rabatteurs qui nous emmènera dans les hôtels les plus exorbitants qu’on ai jamais vu en Inde, les prix variant entre 700 et 2000 roupies (entre 10 et 30 euros). Nous avons l’habitude de payer entre 100 et 350 roupies (entre 1,5 et 5 euros), maximum. La nuit approche et nous ne trouvons pas moins cher, dernière solution : la tente. Après plusieurs refus, nous tombons sur un rabatteur plus sympa que les autres qui nous propose d’installer la tente dans l’hôtel où il travaille. Nous commençons à monter notre petite maison en toile sur la terrasse de l’hôtel lorsque notre copain rabatteur nous prête sa « chambre », ce soir il est de garde et dort à l’accueil. Nous nous installons donc au sous-sol. Derrière une porte de taule, chancelante, se trouve une pièce sombre aux briques grises apparentes. Une ampoule pendouillant au bout de son fil nous permet de situer le lit, humide. Nous buvons un petit verre de mauvais whisky avec les voisins de la « chambre » d’à côté (d’autres employés) avant de nous serrer sur le petit lit et de, enfin, fermer les yeux.

JOUR 2 (jeudi) : DE SHIMLA A BANBASA

Nous nous réveillons tôt, mangeons notre petit déjeuner traditionnel (que nous avons baptisé simplement « Paranthachaï ») et nous baladons dans les rues étroites et animées de la ville. Shimla est bâtie sur les deux flancs d’une petite montagne, un tunnel permet de traverser rapidement cette dernière, d’un versant à l’autre. La géographie accidentée du haut de la ville ne permet pas aux véhicules de circuler. L’approvisionnement en légumes, boissons, gravas, pierres, bouteilles de gaz et réfrigérateurs se fait donc à force humaine. Beaucoup d’hommes circulent rapidement, un sac en toile de jute sur le dos et une corde à la main, allant chercher les différentes marchandises qu’ils transportent ensuite à la force de leur front sur de nombreux mètres ascendants. Nous achetons les derniers accessoires de notre colis : tissus, épices, cartouche de bidis (petites cigarettes à l’eucalyptus) et portrait 3D de Ganesh. Colis que nous amenons à la Poste une heure avant le départ de notre bus et qui, malheureusement est refusé à cause d’une règle étrange des transports postaux indiens : il faut obligatoirement que le colis soit enveloppé dans un tissu blanc méticuleusement cousu de toutes parts. Obstinés, Seb part à la recherche de ce genre de services. Il ne trouvera que des escrocs et reviendra à la Poste tendant un tissu blanc de bonne qualité à Marjo. Celle-ci accomplira (non sans rouspéter) gratuitement en dix minutes le travail que les escrocs estimaient à deux billets de cents roupies pour une heure de couture. Re-malheureusement, l’enregistrement des colis est stoppé depuis deux heures. Naturellement, personne n’a eut la bonne idée de nous prévenir. Nous courons maintenant, nos sacs sur le dos, le colis dans les bras, à contre sens d’une manifestation communiste indienne échauffée sur les marches abruptes menant à la station des bus locaux. Nous grimpons dans le premier d’entre eux menant à la gare routière, un paquet de chips à la main.

Shimla (centre) - Shimla (gare routière) : 3 km en 15 min de bus pour 5 roupies/pers

Cette fois ci, nous payons. Quinze minutes plus tard nous arrivons à la gare et quelques dizaines de minutes après nous nous installons à l’extrême avant du bus menant à Banbasa. Une règle de base bonne à savoir en Inde : l’arrière du bus, ca saute, l’avant, moins.

Shimla - Banbasa : 560 km en 18h de bus pour 532 roupies/pers

Par contre ca chauffe. L’énorme moteur de l’engin enfermé dans sa boite métallique est installé à côté du chauffeur, juste devant nous. Le bus est encore plus rustique que le précédent, sièges durs, pas d’appuie tête, fenêtres difficiles et amortisseurs laissant à désirer. Nous avons plus ou moins d’espace en fonction de la morphologie de la troisième personne partageant notre « banquette ». Effectivement, les gens défilent aux cotés gauche de Seb, montant et descendant en alternance. Nous sommes les seuls à faire le trajet d’un bout à l’autre. La nuit tombe et il nous faut nous installer comme on peut pour trouver le sommeil. Mais la route ne nous le permet pas et Seb préfère s’accrocher fermement aux barrières et discuter avec son voisin des différentes façons de se marier en France ou en Inde, vers 3-4 heures du matin (ils ont aussi abordé le problème de la sexualité chez jeunes indiens).  Marjo cherche l’air frais provenant de sa petite fenêtre et compte les « vaches routières » pour s’endormir, ou pas. Notre voisine de derrière nous fait part des odeurs de son dernier repas, bruyamment. Marjo ferme alors la fenêtre. Nous arrivons finalement vers 10h du matin à Banbasa où l’on se fait maltraiter de n’avoir pas reconnu notre ville d’arrivée.

JOUR 3 (vendredi) : BANBASA, ALLER ET RETOUR

La ville ressemble un peu à une mauvaise imitation des villages désertiques Ouest-américains de westerns à petits budgets. Une route longue, droite et poussiéreuse traverse des maisons en bois et en taule servant de restaurants et épiceries, quelques hôtels en béton brut dont seule la façade d’entrée est peinte, et autres bicoques à roulettes. A peine descendus, plusieurs conducteurs de charrette nous sautent dessus. Nous nous réfugions dans un petit restaurant bouillant. La minuscule poste du village ne nous permet pas d’envoyer le colis, tant pis, on l’enverra du Népal. Nous négocions le prix d’une charrette pouvant nous faire traverser la frontière, attendons qu’elle se remplisse puis que le conducteur réussisse à faire démarrer son cheval. C’est parti pour le Népal !

Banbasa - Poste frontière indien : 7 km en 45min de charrette pour 50 roupies/pers

Le cheval s’élance au trot et chacun tient ses effets personnels près de lui. Nous traversons un vieux barrage britannique et arrivons au premier poste indien. Pendant le trajet, nous discutons avec un népalais de la situation politique du Népal : en ce moment, les « Maoistes » empêchent toute circulation dans le pays jusqu’à que des accords soient passés au gouvernement (version très très simplifiée du problème). D’après lui, cela va bientôt s’arranger et on ne doit pas s’en faire pour cela. Les douaniers Indiens n’ont pas le même discours. D’après eux, on va rester bloqués dans la ville frontière Népalaise jusqu’à que les choses s’arrangent et pas moyen de retourner en Inde si cela s’éternise, nous n’avons pas de visa double entrée. On décide de ne pas prendre le risque et on rebrousse chemin à contre cœur. Fatigués et un peu dégoutés, on traverse de nouveau le barrage, à pied. On fini par trouver un rickshaw pas trop arnaqueur.

Poste frontière indien - Banbasa : 6 km en 45min de rickshaw pour 30 roupies/pers

Nous nous installons à l’arrière du pousse-pousse tricycle à pédales. Un sentiment étrange nous traverse tous les deux, nous, qui avons tant de fois refusé ce genre de transport préférant faire marcher nos petites jambes. Mais cette fois-ci, il fait trop chaud. Nous regardons donc le dos de l’homme suer à notre place, tirant nos deux personnes et nos deux petites maisons empaquetées. Il sue, il sue. Son T-shirt troué s’imbibe de sueur et bientôt l’homme plutôt âgé ne peut plus pédaler, il tire sa cargaison. S’en est trop, on descend et on l’aide à pousser le tricycle et nos sacs. Par fierté, il nous fera faire les derniers cent mètres avant la ville puis nous déposera à bout de souffle. Nous nous rassurons en voyant d’autres rickshaws transporter des familles indiennes entières (deux parents, une grand-mère, deux enfants et un bébé). Notre conducteur était, malheureusement, un peu trop vieux pour continuer son métier. Nous nous installons dans l’un des mauvais hôtels de la ville et réfléchissons, en nous reposant.

JOUR 4 (samedi) : DE BANBASA A PILIBHIT

Apparemment les problèmes sont moindres à la capitale, Katmandou. Nous décidons de rejoindre celle-ci par sa frontière la plus proche, au Sud du Népal. Pour cela, nous avons encore quelques centaines de kilomètres à parcourir en Inde. Nous commençons par quitter la mauvaise ville western.

Banbasa - Khatima : 15 km en 1h de bus pour 10 roupies/pers

Nous sautons dans un bus. Quelques kilomètres plus loin nous descendons à Khatima, ville purement indienne où un touriste n’a aucune raison de s’y trouver. Nous, on y trouve une Poste. Après avoir un peu insisté on fini par envoyer le colis pour le prix le moins élevé. Allégé (Seb), nous essayons la gare ferroviaire en espérant y trouver un train pouvant nous rapprocher de notre but : Birgunj, la ville frontière népalaise. Pas de train. Après un melon bien mûr dégusté sous des regards d’enfants curieux, nous re-sautons dans un bus en direction de la prochaine ville, un peu plus grosse.

Khatima - Pilibhit : 35 km en 2h de bus pour 25 roupies/pers

Coincés à l’arrière du véhicule, nous jouons des hanches pour sauvegarder un peu d’espace vital. Mais à chaque saut du train arrière la dure loi de la gravité nous fait perdre les précieux centimètres difficilement grattés sur nos voisins. Nous descendons dans un brouhaha de tricycles joliment décorés et atteignons la gare ferroviaire, effectivement plus imposante. Aux guichets, après que Marjo ait abandonné la file réservée aux dames (choquée par la ténacité de ses concurrentes), Seb entame la longue file des hommes. Un employé l’interpelle alors et lui propose de venir directement discuter derrière le comptoir. Privilège chromatique pas forcément injustifié car notre blancheur intrigue. Et un indien intrigué, c’est chiant.  Effectivement, pendant que Seb discute avec l’employé pour savoir quel est le meilleur train à prendre, Marjo se sent seule face à tous ces regards. Et lorsque Seb rejoint Marjo pour lui expliquer les explications de l’employé sympathique, une vingtaine d’hommes forment un arc de cercle à quelques mètres autour de nous, nous bloquant ainsi contre un mur. Seul l’un d’eux a osé s’avancer et nous proposer son aide. Tous nous regardent, sans rien dire, jouant des coudes pour avoir une place. Et puis, on craque. Marjo se retourne contre le mur, les mains devant le visage, Seb s’avance en faisant de grands gestes et en bafouillant dans un anglais médiocre : « What happen ?! Go away ! We are not monkeys !! » (« Qu’est ce qui se passe ?! Barrez vous ! On est pas des singes ! »). C’est seulement lorsque la totalité des hommes a disparue en quelques secondes que Seb se rend compte que sa dernière phrase était inadaptée au contexte (des singes plus ou moins gros se baladant de partout dans les environs). Nous entrons finalement tous les deux de l’autre coté des caisses et nous constatons la vitesse avec laquelle les caissiers rendent la monnaie mais aussi la possibilité d’entasser un nombre énorme de mains à travers un petit trou dans la grille (genre film de zombies bolywood). L’employé aidant nous propose plusieurs solutions pour quitter Pilibhit en direction du Népal, nous retenons celle du train de nuit pour une ville quelque part entre nous et la frontière. Nous achetons deux billets standards, sans réservation en seconde classe, place assise (seules places disponibles). Mais comme nous ne comptons pas passer la nuit assis par terre (on vieillit), notre copain nous promet que nous pourrons changer nos places en « sleeper » (place couchée) une fois que le train sera en gare. Le train arrive vers minuit, il est huit heures. Notre ami nous propose de venir rencontrer sa femme (qui ressemble étonnamment à Marjo, d’après lui) et nous emmène diner chez lui. Nous rencontrons sa femme (qui ressemble, un peu, à Marjo d’après Seb), sa petite fille et sa belle-sœur. Nous mangeons un bon thali local, discutons, nous faisons prendre en photo (un peu trop) et Marjo se voit offrir une panoplie de douze bracelets indiens. Vers onze heures nous quittons nos hôtes pour avoir le temps d’attraper notre train. Notre ami semble très triste et nous offre une photo de lui. Lorsque le train arrive, c’est la cohue. Les TT (les contrôleurs de train, habillé tout en noir) se fond interpeller de toute part et n’hésitent pas à envoyer balader les gens nonchalamment. Deux étrangers paumés ne font pas l’exception et le méchant TT nous rend nos billets avec une seule remarque : « no possible ». Pas question de dormir par terre (le train est bondé, évidement, nous n’aurions même pas la place de nous assoir). Nous regardons le train partir. « Questcequonfaitmaintenant… ». La gare est un peu décentrée et on n’a pas vu d’hôtels à coté. On demande conseil à la police de la station, qui nous emmène voir employé qui nous emmène à un autre employé qui nous ramène au précédent employé et qui fini par nous ouvrir une immense pièce avec, au centre, un lit double. On négocie un prix raisonnable et on se couche, épuisé.

JOUR 5 (dimanche) : DE PILIBHIT A BAREILLY

Un « agent d’entretien » nous réveille tôt. On remballe nos affaires et on file au guichet espérant que notre « pote » de la veille soit de service. Non. Mais on rencontre un jeune homme sympathique (son papa travaille à la gare) qui nous aide à prendre nos prochains billets. Direction Gorakhpur, une ville dans notre direction. Le hic (il y a toujours un hic) c’est que dans la hâte, le jeune homme nous a réservé des places sur liste d’attente, sans nous demander notre avis. La liste est longue mais il est trop tard pour changer et bien sur le train part vers minuit. On n’a pas le choix, il faut tenter le coup. Pour commencer, il faut rejoindre une première ville : Bareilly.

Pilibhit - Bareilly : 50 km en 2h de train pour 10 roupies/pers

Nous achetons nos billets standards et montons dans le train. Un vieil homme très sympathique nous réserve des places avec sa jambe, puis nous offre des bonbons. Deux heures de train dans un compartiment suffocant serrés comme des sardines à cinq par banquette… on a vu pire. On arrive à Bareilly en début d’après midi. On a donc le temps pour mettre nos sacs à la consigne et aller flâner dans les rues bondées de touk-touk agressifs. On profite de ce surplus de temps en Inde pour observer. La gare et son peuple : les passagers allant, venant et ceux qui attendent patiemment leur train, par terre, allongés sur des tapis en plastique (chutes d’emballages imprimés de paquets de M&Ms et autres). Les enfants qui vendent ce genre de tapis pour dix roupies. Les vendeurs de chaïs avec leur grosse théière fumante et leurs minuscules gobelets en plastique. Les vendeurs de snacks en tout genre (samossas, noix, chappattis, pois chiches…) qui se déplacent avec leur plateau sur la tête et une espèce de grand tabouret à la main, sur lequel ils déposent le plateau pour servir. Les policiers et leur grand bâton en bambou. Les saris colorés des dames. Les toges oranges des Sâdhus. Les mendiants raccourcis. Nous, une bouteille de coca-cola fraiche dans la main droite, un chaï brulant dans l’autre et un paquet de chips entre les jambes, on attend que la liste d’attente soit mise à jour. Plus tard on est mis au courant : on n’a avancé que de deux places et la liste est close. L’employé gribouille un « WL » sur nos billets. Ce WL (Waiting List) veut dire qu’on n’a pas de réservation et qu’il va falloir qu’on trouve une place où on peut dans le train… à moins, de discuter avec le TT à l’arrivée du train. Ok. On tente le coup une deuxième fois. Sans succès. Vers minuit, les TT nous remballent et le train s’en va sans nous. Ensuite on se bat pendant une heure avec les employés pour avoir un endroit où dormir car ces derniers ne veulent pas que Marjo dorme dans un dortoir avec d’autres hommes et toutes les chambres doubles sont occupées. Finalement on se voit obligés de payer les quatre lits d’un dortoir pour pouvoir y dormir, seuls.

JOUR 6 (lundi) : DE BAREILLY A GORAKHPUR

Le matin Seb va se faire rembourser le billet de la veille. Au guichet il rencontre l’un des agents de sécurité avec lesquels nous avons discuté la veille. Ce dernier l’aide à prendre de nouveaux billets. Bien sur, tous les billets pour Gorakhpur en train de nuit sont sur liste d’attente, il faut donc trouver une autre solution : une autre ville sur le chemin.

Bareilly - Lucknow : 250 km en 5h de train pour 62 roupies/pers

On décide donc d’aller à Lucknow, une grande ville en direction de Gorakhpur. Après un petit brin de toilette et l’achat de dix samossas, on saute dans notre train sans réservation. Encore une fois serrés comme des sardines, au bout de cinq heures de trajet on commence à avoir mal aux fesses. On descend finalement à la grande gare de Lucknow. D’ici, on ne réussit toujours pas à trouver des réservations pour Gorakhpur, on décide alors de prendre le prochain wagon seconde classe qui est sensé arriver un peu avant minuit à destination.

Lucknow - Gorakhpur : 270 km en 7h de train pour 65 roupies/pers

Le train entre en gare et on voit défiler les wagons « sleeper » auxquels nous n’avons pas le droit avec nos simples billets. A la fin du train, on repère un wagon seconde place moins bondé que les autres et on s’y faufile rapidement. Cinq minutes plus tard, nous comprenons pourquoi : le wagon est réservé au personnel de l’armée (civil et militaire). Mais nous sommes invités à y rester (« you are our guests »), et nous avons nos deux places assises. Le train va mettre beaucoup plus de temps que prévu pour arriver à Gorakhpur et les militaires, les uns après les autres, s’installent sur les porte-bagages en hauteur pour un petit som’. Seb discute longuement avec un mécanicien de l’air-force indienne. Au milieu de la nuit, nous arrivons enfin et nous n’avons pas de mal (cette fois) à trouver une chambre dans la gare pour un prix correct.

JOUR 7 (mardi) : DE GORAKHPUR A BIRGUNJ

Nous ne sommes plus très loin du Népal ! Dès le matin, nous prenons nos billets pour Raxaul, la ville frontière indienne et embarquons plus motivés que jamais.

Gorakhpur - Raxaul : 220 km en 6h de train pour 67 roupies/pers

Quelques heures de train dans un wagon seconde place peu occupé, nous descendons à Raxaul. Deux jeunes étudiants népalais nous aident à négocier une charrette pour rejoindre la frontière. Mais finalement nous devons nous rabattre sur un rickshaw (malgré notre promesse).

Raxaul - Birgunj (Népal) : 3 km en 20 min de rickshaw pour 65 roupies/pers

Cette fois-ci, l’homme est plus athlétique et nous rejoignons le poste indien après quelques coups de pédales. D’ici, nous devons négocier le prix du tampon, puis le change de nos dernières roupies en dollars afin de payer notre visa népalais. Puis nous repartons en direction du Népal. Le tricycle double de nombreux camions citernes : depuis hier, le blocus népalais à cessé et le pétrole indien arrive pour remplir les réservoirs népalais. Un douanier très sympathique nous prépare nos visas népalais dans une petite baraque infestée de moustiques, puis nous entrons dans Birgunj. Nous donnons un pourboire au cycliste et nous nous installons dans le premier hôtel disponible. Une petite incompréhension sur le prix de l’hôtel nous emmène à devoir, encore, discuter (l’homme ayant annoncé le prix en roupies indiennes alors que nous, évidement, nous avons pensé en roupies népalaises… différence non négligeable). Nous passons une horrible nuit dans une chambre infestée de moustiques et à la température écrasante. Mais aurons ainsi un premier aperçu du Népal et de ses nombreuses coupures de courant (et donc, de ventilateur…).

JOUR 8 (mercredi) : DE BIRGUNJ A KATMANDOU

Réveil lourd, douche froide (tant mieux). Nous repoussons l’idée de l’autostop à plus tard et décidons, vu notre état de fatigue, de filer à Katmandou nous reposer dans une chambre fraiche. Pour cela nous n’avons pas trop le choix, les bus partent tôt le matin et nous ne voulons pas passer une nuit de plus dans cet endroit, reste donc les TATA jeeps. Plus chères, mais plus rapides car elles passent par la montagne. Aller, on craque !

Birgunj - Katmandou (banlieue) : 140 km en 5h de jeep pour 400 roupies/pers

Après avoir payé, on se retrouve coincés à l’arrière d’une jeep rouge, sur une banquette pour trois personnes, à quatre. Nous sommes au total onze personnes dans le 4x4, chauffeur compris. Plusieurs épingles à cheveux plus loin nous arrivons de nuit dans la banlieue de Katmandou. A bout de force, nous négocions un taxi pour quelque part, dans le centre.

Katmandou (banlieue) - Katmandou (centre) : 6 km en 20min de taxi pour 200 roupies/pers

Quelques dernières minutes enfermés dans un véhicule et nous nous retrouvons dans le quartier touristique de Katmandou : Thamel. Après plusieurs essais, nous décidons de suivre un vieil homme un peu porté sur l’alcool. Grâce à son aide, nous aurons un bon prix pour une chambre, fraiche. Nous allumons des bougies (coupure d’électricité), prenons une douche jaune (couleur de l’eau) et mangeons des chowmiens (pas trop dégueu).

Népal : NOUS VOILA !

 

Les photos sont ici.

 

Commentaires (7) Trackbacks (0)
  1. je viens de lire cette page et je suis morte de rire; le ton est vraiment drôle!
    la suite sera t elle là avant vous?!
    bon vol! bises, mum sabine

  2. Un petit mot d’une amie de Sabine, et/ou d’une cliente de la « marchande de couleurs »… votre périple est un véritable bonheur pour nous assis devant nos écrans, et pour vous des expériences inoubliables… Un grand merci pour tout ce que vous nous avez transmis. edde

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